Jacques Bourlanges... le Ciel est sur la Terre......Inedits


22 août 2013

PRÉCISION ...

L'auteur du Blog est elle même, une lectrice de Jacques BOURLANGES

qui souhaite grâce à ce blog faire partager

son intérèt et son enthousiasme

en rendant disponible quelques inédits

(comme cela est indiqué dans  l'introduction )

 

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29 mai 2013

10_Constellation_d-Orion

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24 mai 2013

EN INTRODUCTION ...

 

J'ai été assez régulièrement attentif aux recherches et découvertes de Jacques Bourlanges, en son fief de Pertuis, depuis les années 75 où nous avons été présentés.
Quelle joie, alors, de parcourir sa région en voiture, avec lui et ses amis et de le voir mettre en rapport avec chaque ville, village, lieu-dit, la position des étoiles dans les Constellations, les images des blasons locaux et tant d'histoires reliées à cette perpétuelle unité qu'il percevait partout, vue depuis leur  schéma dans le Ciel !
Ce fut d'ailleurs sa grande réalisation : le fait que tant de lieux en France comportaient le mot "étoile" dans leur appellation ! Jacques Bourlanges avait été intrigué et avait eu l'intuition de ce parallèle entre  eux et les Constellations dans le Ciel… C'est ce qu'il nous expliqua souvent devant sa table encombrée, comme tout son bureau, de cartes Michelin et d'état-major pleines de Points névralgiques de la Terre et de réseaux tracés très logiquement, très exactement pour déterminer des figures géométriques « basiques »…
Une Etoile de la Constellation sous laquelle nous étions censés nous trouver, d’après la carte qu'il transportait  avec lui lors de cette promenade précitée, ne trouvait pas sa place en tant que village sur le terrain ! Jacques Bourlanges interrogea les habitants d'un lieu voisin : ils lui apprirent que le village qu'il cherchait avait été, et ce depuis des années… englouti pour faire un lac…
C.Q.F.D. ! Oui ! Sa "science" était vraiment exacte et  ainsi démontrée !
Son ouvrage, le Ciel est sur la Terre ?  En version courte en 1973 (les plagiaires s'étant précipités pour se valoriser à sa place en en faisant même, nous dit-il, un documentaire,  il avait du imprimer rapidement sa "thèse") ; en 1977, celle-ci passa de  23 à 100 pages !
Tous ces livres furent rapidement épuisés et ses recherches permanentes et ses découvertes suivantes ne lui donnèrent jamais le temps de publier un autre volume ; la joie de vérifications constantes de son postulat de base lui faisait même oublier de manger, la plupart du temps ! Il est vrai que la jubilation est compréhensible et évidente : la position des étoiles de la carte du Ciel se superposant aux points d'habitation de la Terre, le nom des Constellations ayant "inspiré" celui des villes (Carcassonne : le Crabe, le Cancer, le Lion et le Golfe du Lion, le Chien et Mont Canigou, Cerbère ! etc.), les Blasons ajustés à la Constellation, alors qu’inconnue des constructeurs… Et plus encore lorsque des humains  vont jusqu’à mettre une corne de Licorne (narval) dans Saint- Bertrand-de-Comminges, ville  marquée (à leur insu ! ! ) par cette Constellation : assez étrange, n’est-ce pas ?…
Mais d'autres parallèles étonnants étaient tirés par lui de semblables constats de parallélisme entre l'inspiration des êtres humains et des faits tout à fait "terre-à-terre"… Je me souviens de son explication sur les trois Pieds Nickelés dont il voyait les noms exposer les trois dirigeants de toute l'économie de la France (Filatures, Nourriture avec « croque et gnole », Etc. !)
On évoquerait sans nul doute aujourd'hui les champs morphogéniques pour  expliquer  ce phénomène de tant de "coïncidences exagérées" (comme le nommait la revue Planète)…  Peu importe les mots et les théories…
L'essentiel fut de montrer ces corrélations extra-ordinaires, de nous ouvrir ainsi, en une époque qui sortait de l’ennuyeux matérialisme, aux merveilles de la planète, et de nous aider éternellement à demeurer sur le "qui vive",  au sens originel du terme !
C'est ce que fit Jacques Bourlanges… C'est pour cela que nous voulions honorer sa mémoire et faire connaître certains de ses textes inédits qu’il nous avait confiés.
Nous avons demandé à une de ses lectrices de réaliser ce Blog. Qu'elle en soit remerciée !
Emmanuel-Yves Monin
e.y.monin.free.fr
batisseurs.utopies.free.fr

LE PAYS D'ORION

LE PAYS D'ORION    

 

A l'extrémité de la "Voie Lactée", vers la région australe, nous pouvons admirer la merveilleuse constellation géante "Orion"

    Toute la science astronomique de l'antiquité, toute l'antique poésie, Homère, Hésiode, Pindare célébrèrent et chantèrent le grandiose spectacle qui fascina nos aïeux: Le lever d'Orion.

 

 

L'on croit voir réellement

un géant céleste

apparaître

au dessus de l'horizon

et monter majestueusement dans les cieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

    Pour les anciens Hébreux, cette constellation nommée "Késil" représentait "Nemrod" le premier grand chasseur.

 

 

 

       

orion-et-diane

Chez les Grecs,"Orion" était le héros mythologique géant, d'une grande beauté, chasseur renommé, courant lesmontagnes, qui prétendait pouvoir prendre toute bête aussi sauvage qu'elle puisse être,

 et qui fut si téméraire qu'il se vanta de surpasser Diane chasseresse, déesse de la chasse.

 

 

 

 

 

 

    Située entre « La Licorne » (comté de Comminges ),

et « Le Taureau » (Guyenne),

»la Baleine »(Golfe de Gascogne),

»L'Eridan »

et « Le Lièvre »                                       ( Vallées de l'Ebre);

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Orion a sa place sur la  Terre dans la région des Pyrénées Atlantiques, antiqueVasconie: Gascogne, Chalosse, PaysBasque, Béarn, Bigorre.

 

C'est le Pays des Vascons, aujourd'hui Basques et Gascons, qui en 637 exterminèrent l'armée de Dagobert le Grand, et qui furent vainqueurs de Charlemagne à Roncevaux .

C 'est là que se trouve Orion, exactement désignée, par le Mont Orion qui domine le col de Roncevaux, par la belle forêt d'Orion, qu'arrose le ruisseau d'Orion descendant du col Arnousteguy, par le Village d'Orion et son ancien monastère aujourd'hui Village de l'Hôpital d'Orion, qui était le centre d'hébergement des pèlerins de Saint Jacques avant le difficile passage des Pyrénnées et dont la belle église classée, du 13 ème siècle, est considérée comme la perle rustique du chapelet des sanctuaires du pèlerinage .

Ce pays du grand héros chasseur fut de tout temps, le pays privilégié de la chasse, de toutes les chasses.

 

 

En latin, chasse se dit :Venatio, chasseur: Venator, chasser: Venari ( qui donneront Vènerie,Venaison, Veneur ) .

La phonétique gascogne ignore le V qui est prononcé B; parlant des habitants de ce pays, Scaliger pouvait dire en plaisantant : « Felices populi quibus bibere est vivere »

 

- Pline les nommait : Vernari

- Dans l' »itinéraire d'Antonin » la capitale à cette époque est appelée Beneharnum (aujourd'hui Lescar)

-Grégoire de Tours la nomme Bénarna, Bénarnum, Bénarnesium, il appelle les habitants du pays Béarmois ou Biernois .

 

Ainsi l'étymologie nous mène de Venatio, Venator, Venari puis Venarni, Vénarniens à Bénarniens, Bénéarniens, Béarnais, Bénéarnia, Béarn.

 

Le Béarn est bien le pays de la chasse .

 

 

Nous devons citer également une autre étymologie proposée par quelques historiens qui rapprochent Béarn et Biernois de "Bear",  l'ours en anglais,

 

et de Berne, Bernois, dont l'emblème est l'Ours,

 et qui remontent même loin au nord, dans la partie la plus septentrionale de la Suède, pour rattacher les Biernois, Béarnais aux Goths Biarniens, Biarnis.

Ce qui pourrait permettre d'entrevoir des relations entre peuples chasseurs d'ours, aux

époques préhistoriques.

 

 

 

 Le Béarn est donc pays de l'ours aussi bien que pays de la chasse.

 

Les habitants de ce pays furent, en effet, toujours grands chasseurs ils ont pu se vanter d'avoir tué plus de lièvres et de perdrix qu' il n'en avait été tué partout ailleurs depuis le début du monde.

Ils furent, aussi, toujours libres chasseurs. La fierté des vallées pyrénéennes tint constamment en échec tout despotisme cynégétique.

A l'époque de ChiIpéric, se levant en masse, ils chassèrent de Bordeaux, son fiIs Clovis, au bruit de leurs cornes de chasse .

Ni Charles le Chauve, ni Louis le Débonnaire ne purent tenter de réglementer l'administration forestière de la chasse dans les Pyrénées.

Roi de Navarre, Philippe le Bel confirme la législation du pays des Vascons pour toutes bêtes de vénerie, ours, sanglier, cerf, chevreuil , loup, renard, lièvre, liberté générale de chasse pour tous, roturiers et nobles.

Ces derniers durent se ménager des lieux réservés, garennes entourées d'eaux et de palissades.

En 1552, Henri II, roi de Navarre, seigneur souverain de Béarn, père de Jeanne d'Albret, confirma ces privilèges par la promulgation des "Fors et Coutumes" du Béarn.

 

Pays de la chasse, le Béarn fut aussi de tous temps pays de sport; les courses de chevaux y sont signalées en 1158; et en 1178 le Curtulaire de Morluas énonce les règles de contribution à l'organisation des fêtes hippiques, établies par Gaston 1er.


SAINT HUBERT

 

 

SAINT HUBERT

 

 

    On ne peut trouver étonnant que le plus célèbre enfant de ce pays du héros mythologique de la chasse soit le patron des chasseurs, Saint Hubert, une des plus hautes figures de l 'hagiographie médiévale.

 

 

    Hubert était de la famille des anciens souverains de Vasconie. Son père Bertrand était le fils du frère de Dagobert le Grand, Caribert roi de Toulouse, duc d'Aquitaine, qui avait épousé la fi1le d'Amand, duc de Vasconie.

 

    En 631 toute la Vasconie avec l'Aquitaine, sont soumises à Caribert; mais Dagobert fait tuer Caribert et son fils aîné Chilpéric ; s'emparant du trésor, il accapare tout le territoire.

 

     En 636 les Vascons se révoltèrent et en 637, ils exterminèrent l'armée de Dagobert; celui-ci devait mourir en 638. Bertrand et son frère Bauggis purent alors recouvrer leur héritage.

 

     En 679 le petit fils Dagobert, Thiérry III, après avoir eu à lutter contre son cousin Dagobert Il et contre son frère ChiIdéric II,  est devenu roi de tout le « regnum francorum » : Neustrie, Burgundie, Austrasie, et souverain d'Aquitaine.

   

     Hubert est son cousin, jeune seigneur il est envoyé à la cour et nommé Comte du Palais, Maître de la maison royale. Là il doit entrer en lutte avec Ebroin, Maire du Palais de Neustrie et de Burgundie, qui voulait accaparer tous les pouvoirs et avait fait assassiner Saint Léger, évêque d'Autun,  dont les partisans s'étaient réfugiés en Aquitaine et Vasconie. Hubert prit le parti du Maire du Palais d'Austrasie - Pépin d'Héristae.

 

     Comme tout enfant de Gascogne, Hubert était un passionné de la chasse. Il y allait même pendant les offices de la religion, auxquels il n'assistait guère.

 

Mais, chassant un jour de Vendredi Saint, en forêt d'Ardenne, il vit apparaître un cerf ayant une croix lumineuse placée dans sa ramure, et il entendit une voix qui le menaçait s'il ne convertissait pas sa vie.

 

 

La_Conversion_de_Saint_Hubert SCULPTURE

 

 

Il en fut très impressionné et prit alors la résolution d'abandonner le monde.

 

 

 

     Il céda ses droits sur l'Aquitaine et la Vasconie à son cousin et beau frère, Eude qui en sera le dernier grand souverain.

 

     En 688, Hubert s'engagea dans l'état éclésiastique guidé en cela par Lambert, le saint évêque de Maastrich, Tongre et Liège auquel il succéda.

 

 

 

     C'est tout près de Maastrich, et non loin d'Aachen (Aix la Chapelle) que se trouvent les importantes mines préhistoriques de silex de Rijkholt. Exploitées à l'époque néolithique sur une zone minière couvrant 25 hectares, leur production a pu être évaluée à 41.000 m3 de silex correspondant à 153 millions de haches. Elles n'ont, à ce jour, été explorées que sur une surface de 3.000m2, où ont été repérés 66 puits conduisant à 5.000 mètres de galeries minières dans lesquelles ont été découverts 15.000 objets divers en silex dont 1.200 haches et aussi 100 pics de mineurs en bois de cerf.

 

     Les néolithiques qui exploitaient le gisement de Rijkolt et qui fabriquaient les outils, les armes, et les haches en silex, ont certainement été grands chasseurs de cerfs en forêts d'Ardenne, bien des millénaires avant Saint Hubert.

 

 

 

 

 

 

 

     Souverain d'Aquitaine et de Vasconie, Eudes eut à subir l'invasion des Sarazins venus d'Espagne, Ses troupes ne purent leur résister et il dut se replier vers le nord, jusqu'à Poitiers où il put participer à la victoire de Charles Martel sur Abd el Rahman.

 

De retour dans ses domaines d'Aquitaine et deVasconie, il les débarrassera des bandes sarazines, reflua vers les Pyrénées, aidé par toute la population et servi, au cri de "Aydem Eudes Amigous"par les terribles manieurs de hache du pays Vascon, les siskollarris, ancêtres de ceux qui, sous Sanche III, le Fort de Navarre, se rendirent célèbres en écrasant les Maures à Las Navas en 1212 et décidèrent de la victoire en brisant à coups de hache les chaînes qui protégeaient le camp sarazin.

 

C'est en rappel à cet exploit que le blason de Navarre porte des chaines :

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GASTON PHOEBUS

 

GASTON PHOEBUS

                                    Livre_de_Chasse_51v

 

 

    Un autre enfant du pays d'Orion, grand chasseur devenu légendaire, est Gaston Phoebus.

 

     Comte de Foix, seigneur souverain de Béarn, vicomte de Marsan, Gabardan, Lautrec, Castelbo, Evos, Viguier d'Andorre, sire de Captieux, Mauvezin, Montesquiou et autres lieux, c'était l'un des plus grands seigneurs du 14ème siècle.

 

     Pendant la sinistre période de la guerre de Cent Ans, il s'était imposé à tous ses contemporains, puissants seigneurs, rois, empereurs et papes, par sa fermeté, ses actions politiques, et ses exploits guerriers.

     L'ambassadeur de France Jean du Sault, dans « La Vie aventureuse de Gaston Phoebus «  nous a décrit admirablement son caractère aux aspects multiples, sa vie trépidante, la richesse de sa personnalité, l'étendue de sa culture.

Ce qu'il nous faut retenir et souligner ici, c'est que par sa grande expérience cynégétique, ce fut un maître sans égal en l'art de la vénerie.

 

     Des trois passions qui gouvernèrent sa Vie, l'amour, la guerre et la chasse, il n'a revendiqué la maîtrise que pour celle-ci :

"De meilleurs chevaliers ont été que Je ne suis,

mais où je doute que j'aie nul maître, malgré que ce

soit vantance, c'est en la chasse".

 

     Son principal 1uxe était son équipage: piqueurs renommés vêtus de drap vert rehaussé de petits-gris en hiver;  deux cents chevaux dans ses écuries, meute de plus de seize cents chiens de tous pays, dont quatre lévriers anglais, Tristan, Hector, Brun,Roi land, cadeaux de Froissart.

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     Sur la fin de sa Vie, en 1387, il commença et poursuivit la rédaction de son Livre de la chasse:"Phébus des déduiz de la chasse des bestes sauvaiges et des oyseaux de proye"

Traité de vénerie, sans doute, le plus complet qui ait jamais été publié.

 

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Les manuscrits en furent enluminés par les plus célèbres artistes du temps et sont parmi les plus beaux du Moyen-Age. Tous les auteurs, ses successeurs, sont venus y puiser à pleines pages.

 

     Gaston Phoebus devait à 60 ans trouver la mort au Monastère de l’Hôpital d'Orion en 1391. A son retour d'une chasse au sanglier (ou, d' après Froissart, à l'Ours) dans les bois environnants un émissaire vint lui apporter la nouvelle de la mort de son ennemi juré: Jean d'Armagnac. Encore sous le coup de 1'émotion, il voulut se rafraîchir le visage et se désa1térer, il tomba foudroyé par l'apoplexie.

HENRI IV

HENRI IV

 

     Il est un autre grand chasseur du pays d'Orion, bien connu de tous les Français, dont il fut le roi le plus aimé : Henri IV, « Lou nouste Henric » pour les Béarnais.

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     Né au château de Pau en 1553, il était par sa mère Jeanne d'Albret, héritier du royaume de Navarre.

Jean d'Eblée, dans son ouvrage remarquable:« Le Miracle d' Henri IV »nous en a très bien décri t 1a jeunesse. Celle-ci se passa au château de Courraze, bâti sur un promontoire dominant le Gave de Pau, dans une position clef de défense du Béarn.

     Sur le portail  renaissance du château se trouve l'inscription:

« Lo Que Ha De Ser No Puede Faltar »

(« Ce qui doit être ne peut manquer »)

C'est là qu'il fut élevé, à la dure, nourri de pain bis, d'ail, d’œufs, de fromage et de vin de Jurançon, sur les flancs de la montagne d'Ossau, l'une des plus sauvages des Pyrénées, qu' il pouvait en toute 1iberté parcourir .

     Avec l'âge s'affirmèrent sa robustesse et sa hardiesse. D'abord jeune guetteur de palombes, il se fit très tôt intrépide chasseur de sangliers, de loups, d'ours.

 

     Étant roi de Navarre, il avait organisé, pour quelques dames de la cour de Paris qui passaient en Béarn, une expédition en montagne au cours de laquelle on leva un ours énorme. Percé de coups d'arquebuses, ayant plusieurs tronçons de piques dans le corps, l'animal avant de mourir, réussit à saisir plusieurs hommes. Il les entraîna avec lui dans un précipice où ils périrent.

 

 

Roi de France, Henri IV se donna 1e luxe d'équipages princiers, dont entre autres:

  • Une "meute du cerf " de 70 chiens et vautrais mâtins
  • ·Une "meute du loup" de 24 chiens et 6 grands dogues
  •   Une "meute du lièvre" de 24 chiens courants et 12 lévriers
  •   Une "meute du chevreuil" et du daim dite la petite meute.

 

 

Comme pour tous les rois de France, son grand plaisir fut la chasse à courre.

 

L'une de ses journées de chasse alors qu'il a déjà 54 ans, nous est racontée par Monsieur de Praslin :

"Le matin il chassa à l'oiseau, l'après-midi au loup, et le soir au cerf, jusqu'à la nuit. A la fin de sa vie il chassait toujours avec le même entrain et la même énergie."

LA CHASSE A LA PALOMBE

LA CHASSE A LA PALOMBE

 

     Dans le pays d'Orion, sur les versants nord des Pyrénées, il est une chasse très particulière spéciale à cette région où elle est depuis toujours la plus populaire: "la chasse à la Palombe."

     Pigeons sauvages, bisets ou ramiers, les palombes arrivées en février et mars, ayant passé le printemps et l’été dans les bois, repartent à l'automne et reprennent la route vers le sud, traversant les Pyrénées,

     En Labourd, Basse Navarre, Soule,Béarn , Bigorre,tout le pays bordant les Pyrénées est coupé par un grand nombre de vallées qui aboutissent à quelques cols ou ports praticables pour franchir la chaîne vers l'Espagne.

C'est là que viennent passer les grands vols de palombes vers le sud depuis Notre-Dame de Septembre(10 Septembre) jusqu'à la Saint-Martin (11 Novembre), parfois jusqu'au 20 Novembre.

(60% des passages ont lieu entre Saint Luc (15 Octobre) ou Saint Grath (19 Octobre) et le 31 Octobre)

     La chasse ne peut se faire que dans certaines gorges, toutes ne sont pas propices. Il faut que se trouve un espace plan de 80 x 80 pas, en pente, dite "fonte", pour que puisse être établie une palombière.

Les arbres, existant naturellement ou plantés spécialement, vont servir ainsi:   L'un, le plus au sud, dit l 'aiguilion, est précédé au nord d'un ou plusieurs groupes de deux, séparés et distants de 4 à 5 toises. Cela autant que le permet l'étendue de la gorge. Sur des chaînes de fils de fer placés en haut des arbres, des filets, dits "pantières", sont tendus suivant une inclinaison de toit, avec à la partie supérieure des pierres de 18 à 15 Kg attachées à des poulies.

    Les arbres placés devant  cachant les filets, sont ébranchés sur une hauteur de 12 à 15 pieds de la terre pour laisser le passage 1ibre.

                                     Pantiere-deb4a

 

     Quelles sont les principales gorges où s'est pratiqué et où sur certaines se pratique encore la chasse à la palombe?

 

     De l'ouest à l'est nous avons:

  • Dans la région de Sare, au pied de la montagne Rhune :

- Les cols de Lizurraga et de Lizurrieta,

- Le hameau de la Palombière.

  • Dans la vallée des Aldudes dominant Roncevaux :

le co1 d' Ibaneta 

  • A St-Martin de Lantabar:

- le col des Palombières

  • Dominant la Bidouze, à Musculdi:

- les cols d'Osquich et de Napate

  • Dans la vallée du Laurhibar et les communes de Lucumberry,  Mendive et Behorlegur :

- les cols de Laharagugt,  d'Holtza, de Burdincuratché,  de Burlidoy, d'Aphauze

  • A Etchebar et Larrau :

-1es cols d' Orgambidesha, de Errajmendi, le port de Larrau

  • A Lannes :

- le col de Lohurdes, le pas de Gui Ihers

 

 

     Propriétés des communes, les postes de chasse donnent lieu à adjudication, plusieurs mois à l'avance.

 

 

    Quand arrive l' automne, le pays est tout entier fébrile mis sur pied de guerre. Il n'y a plus qui compte que les palombes.

 

     La chasse nécessite une stratégie bien établie; elle se déroule de la façon suivante:

Placés plusieurs kilomètres en avant de la pantière, des guetteurs signalent l'arrivée d'un vol de palombes, à grands sons de cornets de bouquetins.

Le long de la gorge, perchés sur les arbres environnants et cachés dans des cabanes ou tourelles de pierre sèches, des rabateurs (chatarlis), poussant des cris gutturaux et agitant de grands 1inges blancs, canalisent les oiseaux, dans l'étroite vallée vers la pantière.

     Le plus redoutable et féroce ennemi des palombes, l'épervier (apalatza), plus petit et plus rapide pour attaquer sa proie, utilise une technique: piquant d'abord vers la vallée, il remonte ensuite en chandelle par dessous pour frapper brutalement de bas en haut.

Les Basques et Béarnais ont imaginé un épervier artificiel, appelé le "matou ", sorte de palette ou raquette de bois que les lanceurs (abatares) placés à l'endroit exact voulu vont propulser à la fraction de seconde près.

En réflexe de défense, les palombes effrayées, piquent pour franchir le col en rase-motte, et fonçant à plus de 100 à 1'heure, s'engouffrent aveuglément dans les filets que les lâcheurs (sazerains) abattent sur elles juste à temps, leur évitant de se briser les membres, pour les capturer vivantes.

LA CHASSE AU RENARD

LA CHASSE AU RENARD

 

     Les meutes des princes de Béarn, celles de Gaston Phoebus, celles     d'Henri IV, ont certainement toujours traqué le renard en pays de Pau. Il n'existe, en effet, pas de pays au monde comme les environs de Pau qui se prête mieux à la chasse à courre au renard. Elle y est sans rivale en Europe, même en Grande-Bretagne et en Irlande .

    De part et d'autre de Pau, étendues d' Est en Ouest sur plus de 50 Km , les landes de Pont Long relient les landes du plateau de Ger aux landes de Chalosse.Elles se prolongent au nord jusqu'à Surive et Claracq et au sud poussent vers Cloron, Nay et Pontacq et de Barzun vers Lourdes.

Traversées par les anciens chemins saliers et les parcours des troupeaux de la préhistoire, laissées en friche jusqu'à nos jours, parsemées de nombreux tumuli appelés puyos, elles constituaient un immense cimetière des ages du bronze et du fer.

 

     Aujourd'hui, pour la culture du maïs, toute préhistoire est passée aux bulldozers. Déjà, 1e Grand Puyoo de Pau servait de champs de tir pour l'armée.

Tous 1es tumuli de: Lescur ,, Idron ,Ibizanos,Riupeyron, Bourlah, ont été foui1lés et détruits.

 

     Mais les grande landes en friche ont, pendant un siècle de 1840 à 1939, retenti du cor de chasse, le"hunting horn" des équipages du noble sport anglais de la chasse au renard.

C'est à la suite du séjour à Orthez du duc de Wel1ington, qui vainqueur du Maréchal Soult en 1814, y avait établi ses quartiers,que par ses officiers, les Anglais eurent connaissance des superbes territoires de chasse des landes béarnaises dans leur splendide décor des monts pyrénéens et en firent , les englobant et s'étendant en pourtour jusqu'à quelque fois dix mi1les au delà, "Leicestershire en France", en référence à la plus belle contrée de chasse à courre ang1aise: le comté de Leicester .

     A ce sujet, il est curieux de remarquer que le personnage le plus tristement célèbre au nord des Pyrénées, pour chasseur et exterminateur des cathares au 13ème siècle, fut Simon IV Montfort, comte de Leicester, fils de Simon III de Montfort, comte d'Evreux et d'Amicie de Beaumont, comtesse de Leicester.

Son fils Simon V de Montfort, comte de Leicester, surnommé le "Catilina anglais", avait épousé Eléonor, comtesse de Pembroke, soeur d'Henri III, roi d'Angleterre.

Sénéchal et lieutenant général de celui-ci, en Gascogne, il dut faire face à une révolte. Ayant battu et fait prisonnier Gaston VIII de Moncade, qui avec ses Béarnais s'était mis à la tête des séditieux, il s'empara du Béarn.

 

 

 

    C'est un pays béni pour le renard. Lui constituant un bon abri, l'ajonc est son "chez soi" et il s'y fait ses chemins et ses terriers. Les terres à touya, que les chasseurs dénomment remises à renards, sont pour ceux-ci parfois, de véritables forteresses.

     Riche en gibier, il fallait aussi que ce pays fut apte à la chasse. Plaines et coteaux, sols variés, quelquefois peu d'obstacles, la région se prête parfaitement à organiser la chasse pour tous les goûts.

    Bois escarpés, petites collines, vallées à ravins, pentes raides, partie pâturages, partie cultures, sol moelleux qui se prête à l'excitation des chevaux sans crainte pour leurs jambes, c'est un terrain idéal pour cavaliers aimant à galoper sur obstacles divers et variés. Rigoles, fossés, talus, belles barrières, petits cours d'eau, sont autant de difficultés et de plaisirs pour les chiens et pour les chasseurs, avec la griserie de la vitesse.

     La présence dans l'air de la forte odeur laissée sur son passage par le renard poursuivi, c'est "le sentiment. " Subsistant quelques minutes, il attire la fougue des chiens et forme une ligne invisible qui permet à la meute de suivre sa trace. La position du sentiment au-dessus du sol dépend, des circonstances atmosphériques, à hauteur de poitrine ou un peu plus haut, les chiens tête en l'air et arrière-train au sol, vont alors très vite.

 

     A I'époque de Sir Oxenden, les équipages sortaient quatre fois par semaine chasser les renards sauvages qui étaient très nombreux. Mais en peu d'années vint leur raréfaction, il fallut alors avoir recours à la prise de renards sur la longue chaîne des coteaux au pied des Pyrénées. Conservés en chenil pour être lâchés sur les lieux de chasse, ils y étaient amenés en sacs et dits pour cela "bagged regnards".

     Puis vint une période où la poursuite du renard sauvage ou captif lâché dut être réduite à une fois par semaine, les chiens n'arrivant qu'avec peine à en trouver. La vraie chasse au renard se trouve terminée.

 

     Le sport passa alors à la phase du "drag" qui supprime la recherche de l'animal. Un homme connaissant bien le pays part trois quart d'heure avant les chiens. Par une corde de deux à trois mètres attachée à la ceinture, il traîne (drag) un paquet du fumier sur lequel ont couché les renards, et dont l'odeur est ravivée par quelques gouttes d'essence d'anis. Il fait ainsi un parcours d'environ 8 km, marqué de quelques arrêts.

Au début en bout de drag, on lâchait parfois un renard captif.

 

     Aujourd'hui, les beaux équipages, habits rouges, cols verts, gilets pai1le, pour la chasse, habits tout verts, pour le drag, culottes blanches, bottes revers, ne subsistent encore que comme particularités touristiques curieuses du folklore local.